Mardi 24 juin 2008
998 se sont lancés dans une campagne de lobbying - trop ? - intense en faveur de Didier Deschamps. Pour Christophe Dugarry et autre Bixente Lizarazu, il faut refermer l'ère Domenech et donner les clés à l'ancien capitaine des Bleus.

Si l'équipe de France a quelque peu disparu des radars de l'actualité en ce début de semaine, ce n'est pas de la faute des anciens de la maison bleue et du collectif "France 98" en particulier. Depuis la défaite face à l'Italie (2-0) et l'élimination de l'équipe nationale dès le premier tour de l'Euro 2008, certains champions du monde n'hésitent pas à prendre la parole pour donner leur avis sur l'équipe de France et, plus précisément, sur son sélectionneur Raymond Domenech. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Christophe Dugarry, Bixente Lizarazu, Frank Leboeuf, entre autres, ont ciblé leurs attaques sur celui qu'ils jugent comme l'unique coupable du fiasco bleu.

Ayant micro ouvert un peu partout et étant même consultants pour diverses stations de radio ou chaînes de télévision, les champions du monde 98 n'ont pas eu beaucoup de mots tendres ou réconfortants pour Raymond Domenech. Selon eux, le sélectionneur a failli. Cela se défend et les résultats ne leur donnent pas forcément tort. Loin de là. Pour autant, on peut regretter que les anciens jettent le bébé avec l'eau du bain en balayant la finale de la Coupe du monde et les deux qualifications de suite - une première dans l'histoire des Bleus - pour le Mondial 2006 et l'Euro 2008. Surtout, les attaques sont assez vives et sans concession.

La plus "belle" saillie est sans doute sortie de la bouche de Christophe Dugarry, sur RMC la semaine passée. "Depuis qu'il est à la tête de l'équipe de France, Raymond Domenech essaye de faire du Mourinho, mais sans en avoir le talent, ni l'intelligence. Il nous fait un one man show depuis maintenant trois ans. (...) Raymond Domenech n'a jamais rien gagné. Cela me paraît logique qu'il laisse sa place." Si l'on peut regretter que l'ancien Bordelais ait oublié ses moments difficiles et le réconfort dont il avait besoin alors qu'il était sifflé à chacune de ses apparitions sous le maillot bleu, sa conclusion est défendable. Comme celle de Bixente Lizarazu : "Il faut passer à autre chose. On ne peut pas repartir avec le même entraîneur."

L'indigestion est proche

Même Zinédine Zidane, qui paraissait bien loin de tout cela, s'y est mis ce week-end. "J'ai forcément été un peu agacé par certains choix. Mais je ne fais pas partie des instances fédérales. Raymond Domenech sera fixé sur son sort le 3 juillet. On verra bien s'il y a un nouveau sélectionneur. Celui qui pourrait le remplacer, c'est Didier Deschamps, il a toutes les qualités. Il serait légitime s'il prenait la succession." Didier Deschamps, le nom est lâché. Depuis une semaine, c'est pour lui que la machine France 98 s'est emballée. Le lobbying est intense. Un peu trop d'ailleurs pour être complètement sincère et dépourvu de tout intérêt.

A force de marcher pour Deschamps et louer les qualités - de surcroit évidentes - de l'ancien capitaine des Bleus (103 sélections), on est proche de l'indigestion. Et cela pourrait finir par se retourner contre "DD". En effet, le Conseil fédéral, qui se décidera sur le cas Domenech le 3 juillet prochain, et la Direction Technique Nationale ont envie de tout sauf qu'on leur dicte la marche à suivre. Soucieux de conserver leurs prérogatives, notamment la DTN, ils pourraient finir par avoir peur, prendre tout ce petit monde à contre-pied et se ranger du côté des quelques voix discordantes qui peinent à se faire entendre.

Ces voix, elles viennent de l'équipe de France 2008. Se sentant logiquement tout autant coupables de l'échec de l'Euro que leur sélectionneur, les internationaux encore en activité se montrent bien moins virulents que leurs prédécesseurs. Patrick Vieira et Franck Ribéry en tête. Interrogé par le quotidien L'Equipe, le second nommé s'est livré sans retenue. "Pour moi, Raymond Domenech ne doit pas partir, il faut qu'il continue le travail avec ce groupe. S'il y a eu des erreurs, il n'était quand même pas tout seul." Un peu de lucidité. Enfin.

Eurosport - Maxime DUPUIS
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Mardi 24 juin 2008
Après l'échec contre l'Espagne en quarts de finale de l'Euro, l'heure du bilan a sonné pour l'Italie. La Squadra Azzurra n'a jamais séduit et termine avec un seul succès au compteur. Entre une attaque défaillante et des absences pesantes, les raisons de l'élimination sont multiples.

UNE ATTAQUE MUETTE

Les supporters transalpins regretteront longtemps l'absence de Filippo Inzaghi. Sans le meilleur buteur italien de l'histoire des Coupes d'Europe, les Azzurri ont péché dand la finition. Trois petits buts en quatre matches. Et surtout, trois petits buts inscrits par... des défenseurs ou des milieux de terrain. Malgré la présence dans ses rangs du meilleur buteur de Serie A, Alessandro Del Piero, et de Bundesliga, Luca Toni, la Squadra Azzurra n'a pas vu le moindre but d'un de ses attaquants. Auteur de 16 tirs dans la compétition, Luca Toni a manqué d'efficacité dans le dernier geste. Del Piero n'a été que l'ombre de lui-même. Cassano, malgré une belle activité, n'a jamais été en mesure de faire trembler les filets. Et Marco Borriello, pourtant auteur de 19 buts cette saison sous le maillot du Genoa, n'a même pas foulé les pelouses austro-helvétiques une seule seconde.

CANNAVARO, UNE BLESSURE HANDICAPANTE

Le capitaine emblématique aura terriblement manqué. Touché à la suite d'un contact à l'entrainement avec Chiellini, Fabio Cannavaro a laissé ses coéquipiers à quelques jours de la compétition. Résultat, Roberto Donadoni a été obligé d'innover en défense centrale. Sans vraiment convaincre. Si la charnière Barzagli-Materazzi a pris l'eau au premier match contre les Pays-Bas (3-0), le duo Panucci-Chiellini a tenu un peu mieux la baraque. Mais même s'il est resté auprès de ses coéquipiers, le Ballon d'Or 2006 a fait défaut sur la pelouse. Et la défense n'a finalement été que l'ombre de celle qui avait constitué la base de la victoire au Mondial 2006 (2 buts encaissés en 7 matches, dont un contre son camp et un penalty). Mais faire oublier Cannavaro ou Nesta n'est pas à la portée de tout le monde...

DEUX SUSPENSIONS MAL TOMBEES

Les Italiens auront longtemps des regrets. Tous les tifosi auraient voulu voir ce quart de finale face à l'Espagne avec Gennaro Gattuso et Andrea Pirlo au milieu. Avec ses deux pièces maitresses de l'entrejeu suspendues, la Nazionale n'a pas offert le même visage. Bien sûr, Ambrosini et Aquilani ont fait de leur mieux. Mais il a manqué la touche technique de Pirlo, sa qualité de centre pour servir Toni et consorts. Et surtout, la puissance physique et l'abattage de Gattuso pour stopper les Ibériques.

EN MANQUE D'IMAGINATION

On le savait : depuis le départ de Francesco Totti, l'Italie manque de créativité, d'un génie pour faire la différence dans la zone de vérité. Cela s'est confirmé en Autriche et en Suisse ! Il n'y a jamais eu d'étincelle pour faire pencher la balance du côté transalpin. Pis encore, les hommes de Donadoni, qui ont refusé le jeu contre l'Espagne, ont joué parfois à l'Anglaise en abusant de ballons longs pour trouver la tête de Toni. Et pour ne rien arranger, le sélectionneur italien a mis longtemps avant de trouver son schéma de jeu d'opter pour 4-3-1-2 inédit. Conclusion, il a manqué les automatismes nécessaires pour faire la différence dans une grande compétition internationale....

Eurosport - Glenn CEILLIER
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Mardi 17 juin 2008







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Lundi 16 juin 2008

Rare satisfaction au sein de l'équipe de France, Franck Ribéry croit aux chances des Bleus de se qualifier pour les quarts de finale. Pour lui, la claque reçue face aux Pays-Bas est digéré. Et le joueur du Bayern donne quelques pistes face à l'Italie. "Il faut mourir sur le terrain", dit-il.

FRANCK RIBERY, quelle était l'ambiance dans le vestiaire après le match ?

F.R. : Cela a été très dur parce que l'on a pris une bonne gifle. C'est dommage parce que l'on a fait un bon match, on a montré de bonnes choses. Cela n'a pas été facile. On s'est tous retrouvés dans le vestiaire, on s'est réunis, on s'est dit que ce n'était pas encore fini, que l'on avait encore une toute petite chance et qu'il fallait la jouer à fond. On a tourné la page, oublié le match contre les Pays-Bas. On a un match à préparer contre l'Italie qui va être très important.

Avez-vous peur de l'élimination ?

F.R. : Honnêtement, je ne pense pas à ça. Dans ma tête, je pense déjà au prochain tour. On a toujours le même objectif depuis que l'on a débuté cette compétition, c'est gagner l'Euro. Pour l'instant, on est dans une situation très difficile mais pourquoi pas. On va croiser les doigts, on va prier et on verra bien. Après, si on est éliminés, c'est vrai que ce sera très dur.

Y croyez-vous vraiment ?

F.R. : Si on est là, il faut y croire. Sinon, cela ne sert à rien de jouer le match contre l'Italie. Autant que l'on rentre chez nous.

Personnellement, comment vous vous êtes senti dans ce match ?

F.R. : Je me suis senti libéré, beaucoup mieux que contre la Roumanie. A partir du moment où je suis sur le terrain, j'essaye de me donner à fond comme j'ai l'habitude de le faire depuis longtemps. J'essaye de ne pas calculer et de jouer mon jeu. C'est vrai que ça n'a pas toujours été facile mais ce qui est important, c'est que je sens aussi la confiance de mes coéquipiers qui m'aident beaucoup. J'essaye de le retranscrire sur le terrain. Mais cela n'a pas suffi.

Votre positionnement, juste derrière l'attaquant, vous a-t-il aidé?

F.R. : J'aime être libre sur le terrain, bouger, aller partout, recevoir beaucoup de ballons. Au Bayern, j'évolue à gauche. Lors du premier match (contre la Roumanie, ndlr), j'ai évolué à droite mais quel que soit que soit le poste, à droite, attaquant, au milieu, j'essaierai d'être à 100% et donner le meilleur de moi-même. Le coach et le groupe me connaissent. Mais c'est le collectif qui est le plus important.

On n'a pas encore vu le trio Henry-Ribéry-Benzema. Le regrettez-vous ?

F.R. : On aurait pu connaître cette formation face à la Roumanie. Malheureusement, Titi avait une douleur à la cuisse. Face aux Pays-Bas, le coach a choisi une autre formation avec Titi en pointe et moi derrière. C'est dommage. On aurait pu retrouver cette équipe offensive, comme lors de la préparation. En dehors du terrain, on s'entend très bien, on est souvent ensemble. Et on est des joueurs à l'aise avec le ballon C'est comme si on avait joué ensemble depuis très longtemps. Pour l'Italie, pourquoi pas. Le coach fera jouer les meilleurs, ceux qui sont à 100% dans leur tête. Ceux qui sont sur le terrain doivent mourir, tout donner.

Est-ce que vous sentez que vous avez un nouveau rôle de leader dans cette équipe ?

F.R. : Je suis depuis un peu plus longtemps en équipe de France que d'autres joueurs. Au début, j'ai beaucoup écouté les anciens, ils m'ont beaucoup aidé et j'essaye de faire la même chose. Sur le terrain, je suis surveillé de très, très près, marqué à la culotte mais cela permet de libérer des espaces pour les autres.

Zinedine Zidane vous manque-t-il ?

F.R. : Il manque, Zizou. C'est dans ces situations très difficiles qu'on aime parler des anciens. Il fallait qu'il arrête, mais oui, il manque beaucoup à l'équipe de France, et à beaucoup de monde. Il faut apprendre à jouer différemment. Par sa présence, il ferait beaucoup de bien à tout le monde, mais c'est comme ça.

Quelles solutions faut-il apporter face à l'Italie ?

F.R. : Les solutions, il faudra voir ça avec le coach. Je ne sais pas s'il faut des changements. C'est à lui de prendre des décisions et de faire jouer les joueurs qui seront à 100 %. Je pense qu'il faudra mettre les meilleurs joueurs sur le terrain. Défensivement ou offensivement, il faudra peut-être jouer différemment que face à la Roumanie ou aux Pays-Bas. Il faut attaquer et défendre tous ensemble. Ce sera meilleur pour l'équipe.

On a l'impression que l'équipe de France n'a pas encore trouvé l'équilibre entre attaquer et défendre...

F.R. : On pense trop à défendre, à ne pas prendre de but, ce qui est important. Mais il faut plus se libérer, jouer décontracté. On a quand même offensivement des joueurs de grande qualité. Il faut attaquer tous ensemble et défendre tous ensemble et, cela, on ne l'a pas encore fait. On a élevé notre jeu contre les Pays-Bas mais le score est assez dur. Ce serait top de gagner contre l'Italie et passer ce tour. On a connu cela pendant la Coupe du monde, les deux premiers matches ont été difficiles, on s'est qualifiés contre le Togo et on est montés en puissance.

Peut-on parler d'une fin de cycle pour certains joueurs ?

F.R. : Pour certains, c'est peut-être la fin. C'est pour ça qu'ils ont tellement envie de donner beaucoup pour la France et pour l'équipe. C'est peut-être leur dernier match en équipe de France donc il faut prendre le maximum de plaisir avec tout le monde.

Eurosport - Propos recueillis par Anthony PROCUREUR, à Châtel Saint-Denis
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Dimanche 15 juin 2008

Patrice Evra veut laisser derrière lui la gifle reçue face aux Pays-Bas (4-1). Mais il attend une réaction face à l'Italie, mardi. Selon lui, le groupe France a suffisamment de caractère pour rebondir. Car le latéral de Manchester United ne veut pas partir en vacances tout de suite...

PATRICE EVRA, vous attendiez-vous à un tel scénario face aux Pays-Bas ?

P.E. : 4-1, c'est dur. C'est beaucoup. Les Pays-Bas ont eu une réussite insolente, c'est comme cela, c'est le football de haut niveau. Maintenant, il faut que l'on garde la tête haute. Que ce soient les défenseurs qui ont pris quatre buts, les milieux ou les attaquants qui n'ont pas marqué, c'est tout un groupe qui a pris une bonne gifle. Parfois, c'est bien de prendre des gifles. Je préfère perdre un match comme ça 4-1 et montrer quelque chose que de perdre 1-0 sans rien montrer.

Comment voyez-vous la suite ?

P.E. : On sait ce qui nous reste à faire. Si on veut partir en vacances plutôt que prévu et bien on n'a qu'à perdre contre l'Italie. Mais on veut continuer à y croire donc il faut gagner. Mais je pense que le groupe a vraiment le caractère pour rebondir. On est très, très bas ce soir. Maintenant, on va digérer cette défaite. Mais je suis confiant et je sais qu'on va battre l'Italie.

Vous gardez donc espoir ?

P.E. : Ce groupe y croit. On n'est pas venus ici en touristes. C'est vrai que l'on n'a qu'un seul point en deux matches. C'est difficile à comprendre pour une grande nation comme la France. On est dos au mur. Maintenant, on va voir. Le match contre l'Italie, ce sera le match de la vérité. L'équipe qui aura le plus de caractère et qui aura envie d'aller jusqu'au bout gagnera ce match, tout simplement. Nous, les joueurs, on a vraiment cet état d'esprit. On ne le dit pas pour se cacher de quoi que ce soit. On verra bien la réponse. Parce que là, on peut dire ce que l'on veut, c'est du pipeau. Le plus important, c'est d'être prêts contre l'Italie. On fera les comptes après.

Malheureusement, une victoire ne sera peut-être pas suffisante...

P.E. : C'est vrai. Gagner, ça pourrait ne pas suffire. Mais je préfère ne pas commencer à faire des calculs. Il faut déjà gagner contre l'Italie. Après, on verra ce qui se passera. Mais on va d'abord sur concentrer sur le fait de battre l'Italie, ne pas ce prendre la tête avec des calculs si les Roumains font ceci ou cela. Il faut déjà gagner un match car on n'a pas gagné un match depuis que l'Euro a commencé. Ensuite, on verra...

Les Pays-Bas pourraient vouloir sortir les champions du monde et les vice-champions...

P.E. : Les Pays-Bas font ce qu'ils veulent. C'est vrai qu'on n'a plus notre destin entre les mains mais on a encore un match à gagner.

Eurosport - Propos recueillis par Anthony PROCUREUR
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