Mercredi 25 juin 2008

Les Pays-Bas, la Croatie et le Portugal ont terminé en tête de leur groupe lors du premier tour de l'Euro. Trois sélections, aux ambitions débordantes, qui avaient séduit par leur jeu léché et leurs belles intentions offensives avant de prendre la porte en quart. Retour sur un immense gâchis.

Des équipes flamboyantes au premier tour. Trois formations qui alliaient beau jeu et résultats en phase de poule. Trois grosses déceptions en quarts de finale. Portugais, Néerlandais et Croates n'ont pas réussi à concrétiser les espoirs qu'ils avaient semés. Ambitieux, ils ont quitté l'Euro prématurément. Les raisons sont multiples : des équipes trop joueuses, un manque de réalisme, de fraîcheur et d'impact physique notamment dans l'entrejeu.

PORTUGAL : UN DEFICIT PHYSIQUE

Le Portugal a régalé les observateurs lors de son tour de chauffe. Technique brillante, collectif réglé comme du papier à musique, les Lusitaniens ont flambé dans le sillage de Cristiano Ronaldo. Mais le quart de finale face à l'Allemagne, premier choc proposé à la bande à Scolari, a révélé les failles de la sélection portugaise (3-2). D'abord un évident déficit de puissance dans l'entrejeu. A l'image de son voisin espagnol, le Portugal manque de physique au milieu de terrain. Simao, Petit, Moutinho et Ronaldo sont de fins techniciens. Mais face au défi physique proposé par Ballack et ses coéquipiers, les Portugais se sont noyés.

Autre faiblesse, le Portugal manque d'un avant-centre d'envergure internationale pour concrétiser ses mouvements collectifs et ses belles intentions. L'une des missions du prochain sélectionneur sera ainsi de trouver le futur goleador de l'équipe nationale avant la sortie définitive de Nuno Gomes, auteur d'un petit but à l'Euro. Enfin, il faudra renforcer l'arrière-garde. La défense portugaise a été particulièrement défaillante à l'image des gros ratés sur coups de pied arrêtés en quart. Portée vers l'avant, la sélection portugaise en oublie parfois ses fondamentaux. L'Allemagne a su en profiter.

CROATIE : MANQUE DE REALISME

Les Croates,emballants lors de la phase de poule, devaient être LA surprise de cet Euro. Leur victoire pleine de maîtrise et de panache face à l'Allemagne (2-1) avait séduit le Vieux Continent. Mais les hommes de Bilic se sont cassé les dents sur les Turcs (1-1, 1 tab à 3). Leur jeu si flamboyant n'a ressurgi que par éclairs. Et c'est d'abord leur manque de réalisme qui les a poussés vers la sortie. A l'image de cette tête d'Olic, seul devant le but vide, qui s'est écrasée sur la barre transversale. Comme les Portugais ou les Néerlandais, les Croates ont également semblé bien moins armés physiquement que leurs adversaires. Leur baisse de régime au cours de la prolongation en témoigne. Elle leur a été fatale.

PAYS-BAS : A LEUR PROPRE JEU

Les Pays-Bas sont tombés sur une équipe plus joueuse encore : la Russie. Le onze de Guus Hiddink a su parfaitement exploiter les failles, notamment défensives, d'un système batave exposé à quelques courants d'air. Les coéquipiers d'Arshavin ont profité de la lourdeur de l'arrière-garde batave et des espaces laissés par l'organisation de van Basten pour se hisser jusqu'en demi-finale (3-1, ap). "Tactiquement, nous avons dominé les Pays-Bas" , a ainsi analysé Guus Hiddink. Si l'audace offensive des Oranje fut payante au premier tour, elle s'est retournée contre eux en quart.

D'abord parce que leur jeu rapide de passes courtes demande de la disponibilité, du mouvement et donc une grosse débauche d'énergie. Or samedi, les Bataves ont "couru sur la jante", selon les termes employés par Johan Cruyff, la légende du football néerlandais. "J'ai été surpris par nos problèmes physiques", s'étonnait quant à lui van Basten. Face aux feu follets russes, une baisse de régime physique ne pardonne pas.

Alors les équipes trop joueuses doivent-elles adapter leur jeu quand vient l'heure des matchs à élimination directe ? L'Espagne s'est montrée d'abord solide face à l'Italie (0-0, 4tab 2) qui, certes, a fait preuve d'une désarmante frilosité offensive. Mais c'est bien Casillas et non plus Villa ou Torres qui fut le principal artisan de la qualification de la Roja, seul leader des phases de poule à pouvoir encore rêver de titre. Reste l'exception russe. Magnifiques manieurs de ballon, les hommes d'Hiddink ont démontré que le salut pouvait venir du jeu même lors de grandes compétitions internationales. Comme une parfaite antithèse au sacre grec en 2004. Avec la même réussite au final ?

Eurosport - Martin MOSNIER
Par Eurosport.fr
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Commentaires

Vive les demi !!! Les croates n'ont pas été a la hauteur mais on attend encore l'allemagne et la turquie qui ont pas mal de chances.
Commentaire n°1 posté par Xavier le 25/06/2008 à 15h37

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